

Le camp de Cordie, commune de Marignac (fig. 1), est connu depuis longtemps des amateurs d'antiquités. Il s'agit bien d'un camp, protégé par un imposant rempart dont on perçoit la forme élevée à la tranchée de la route départementale 146 qui descend du plateau d'Usseau au hameau de Cordie. La rivière du Trèfle en protège la partie sud et l'ouest présente le fort dénivelé naturel d'un ancien affluent du Trèfle. Les hommes se sont installés sur cet espace de hauteur en éperon barré depuis la période de l'Âge du Cuivre dite « Civilisation d'Artenac » (environ 2200-1800 av. J.-C.) jusqu'au Bronze final (750 av. J.-C.)
Les ramassages de surface ont livré de nombreux objets en bronze, des silex taillés, des tessons de céramique et des fragments de grès dont certains, polis par l'usage, ont servi de meules à grain. Les musées de Royan, Pons et Jonzac en conservent certains vestiges. En 1977, la Société Archéologique et Historique Jonzacaise a réalisé un sondage qui a montré la forte occupation du site à l'époque artenacienne.
L'information fournie par M. Éric Poirier de l'existence d'importantes fosses, à l'ouest du site, dans les bois de Fraud et Galante, relance l'intérêt de la recherche (fig. 2). Ce sont des fosses d'extraction de grès, nombreuses, pouvant mesurer 3 ou 4 mètres de profondeur et de forme ronde ou allongée. L'exploitation de cette ressource faite de grains de sable collés entre eux, née à l'ère tertiaire, constitue un véritable mystère qui n'a pas laissé de traces, ni dans les archives, ni dans la mémoire collective. Et pourtant des centaines de mètres cubes de matériau en sont sortis...
Cordie, un pôle commercial des meules de grès lors de la Protohistoire ?
Malgré la durée de l'occupation du camp de Cordie sur un millénaire et demi, l'ampleur de l’extraction du grès dépasse très probablement les besoins propres de ces populations d’une centaine d'individus, tout au plus. Il se peut alors que ce grès ait fait l’objet d’un commerce de troc à grande échelle.
Cette suggestion ne peut néanmoins exclure l’idée que lors de temps plus proches tombés dans l’oubli, on ait pu extraire le sable qui accompagne les blocs de grès pour les besoins de construction.
La fouille d'une des fosses d'extraction donnerait peut-être une réponse à cette énigme.
En Haute-Saintonge nous n'avons pas, jusqu'à ce jour, reconnu formellement de sites de carrières antiques, même si nous sommes assurés que de la pierre de Jonzac, par exemple, a bien été utilisée pour les besoins de construction de la villa antique. Pas de carrière antique reconnue non plus à Pons, pourtant riche en beaux blocs architectoniques entreposés à la chapelle Saint-Gilles. Aucun document écrit, naturellement, ne nous est parvenu d'un quelconque marché de pierre de l'époque. Nous savons seulement que les conquérants romains, pour asseoir leur domination, ont érigé en belle pierre blanche de grand appareil des monuments qui ont assurément impressionné les populations autochtones dont les élites vont chercher à s'attirer les faveurs.
Toute proche de la Haute-Saintonge, la carrière de Thénac apporte à la connaissance de la pierre antique une documentation majeure. La photographie aérienne en révèle la forme elliptique soulignée par la végétation buissonnante de ses rebords.
L'enquête de terrain et la fouille réalisée d'une partie de la carrière ont révélé l'emploi du pic romain, l'escoude, dont les sillons parallèles distants de 22 à 26 mm, signent une utilisation datée du Haut-Empire, vers 25 ap. J.-C.
L'escoude antique et ses traces laissées sur la paroi d'un front de taille
L'analyse des sols de carrière apporte beaucoup de renseignements sur la stratégie de l'exploitation, sur le nombre des artisans dans un chantier, sur les gauchers et les droitiers, sur les outils employés et les modules des blocs extraits.
Sol de carrière de la carrière antique de Thénac
Les traces au sol sont nettement visibles : on y voit en effet les reprises de chantiers, l'alignement des traces d'emboîtures qui délimitent les blocs. Aléa du travail de la pierre : les carriers, ici, ont dû faire face à une importante fissure transversale qui les a considérablement gênés pour la fourniture de blocs dimensionnés !...
GAILLARD J., L'exploitation antique de la pierre de taille dans le bassin de la Charente, Association des éditions chauvinoises, Mémoire XL, 2011.
La pierre de l’agglomération antique de Barzan : identification, approvisionnement et usages
La pierre antique à Saintes : provenances, usages et pratique du tournage
Pierre et carrières dans la Saintonge antique : identification, usages et diffusion
Le moellon et son économie dans la construction d’après quelques exemples de monuments de la Saintonge antique
par Jacques Gaillard(1), Bastien Gissinger(2), Graziella Tendron(3), Julie Mousset(4) et Antoine Nadeau(5)
L’usage du moellon a pu apparaître pour les archéologues d’un intérêt secondaire du fait de l’uniformité de son apparence, de son faible coût et de son statut ordinairement peu propice à l’ornementation. Ses propriétés générales ont traversé les siècles, comme celui -n° 69- issu d’un des murs proches de la porte des vivants de l’amphithéâtre de Saintes (fig. 1)(6). Les principes généraux en sont les suivants : une face inférieure brute faisant lit de pose, une face de parement choisie pour sa planéité, quitte à y faire quelques retouches, des flancs et surtout une face supérieure épannelée au marteau têtu, cet outil très commun au plan de frappe légèrement concave(7). L’amincissement de la queue donne au moellon une position rentrante dans le mur, participant ainsi à sa stabilité. Les maçons traditionnels des Charentes dont la parole se fait, hélas, de plus en plus rare, désignent sous le nom de « briquage » la façon de ces moellons et estiment qu’un faiseur de moellons peut en faire un mètre cube dans sa journée, soit environ 150(8). Sous l’expression de « petit appareil » J.-P. Adam a précisé les faciès décoratifs de leur agencement en différents opus (Adam, 1995, p. 137-157). Leur emploi massif dans la construction romaine invite l’archéologue à s’interroger sur leur origine, leur fabrication, leur transport et leur usage.
Fig. 1 : Moellon de l’amphithéâtre de Saintes et sa façon (cliché et DAO : J. Gaillard)
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(1)Jacques Gaillard, archéologue-archéomètre, chercheur invité de l’UMR-CNRS 7356, Laboratoire des Sciences de l’Ingénieur pour l’Environnement (LaSIE), Université de La Rochelle.
(2) Bastien Gissinger, Ingénieur d’études au Service régional de l’archéologie, DRAC Nouvelle-Aquitaine.
(3)Graziella Tendron, responsable d’opération, spécialiste du lapidaire, EVEHA.
(4)Julie Mousset, responsable d’opération adjointe, spécialiste du petit mobilier, EVEHA.
(5)Antoine Nadeau, directeur régional adjoint, responsable d'opération, EVEHA.
(6)Les superstructures maçonnées de l’amphithéâtre sont en cours d’étude par Karine Robin, du Service archéologique départemental de la Charente-Maritime.
(7)Le marteau têtu, ses variantes et ses fonctions sont abondamment décrits par J.-C. Bessac (Bessac, 1993).
(8)Je remercie les frères Duguy de Clion (17) et les frères Poirier de Marignac (17), artisans-maçons, pour ces informations.
Trois sites archéologiques vont éclairer notre sujet, suite aux fouilles récentes qui y ont été réalisées, et qui balaient tout ou partie du champ des pratiques
I – Le site de La Croix-Ronde à Mouthiers-sur-Boëme en Charente et ses carrières en fosses (JG)
Nous ne ferons ici que rappeler une étude sur la pierre locale déjà publiée (Gaillard et Conforto, 2022). Le plateau sur lequel s’est installé l’établissement rural de La Croix-Ronde à Mouthiers-sur-Boëme en Charente, daté des II-III ͤ siècles p.C. (fouilles E. Galtié, Inrap) comporte deux bâtiments rectangulaires dont il ne reste que les fondations. Le calcaire du substrat du Cénomanien supérieur s’y trouve parcouru par des diaclases rectilignes, elles-mêmes hachées par d’autres fissurations multidirectionnelles. Il s’ensuit, en surface, la formation de blocs polygonaux pluri-décimétriques. À ces découpages verticaux s’ajoutent des joints de stratification subhorizontaux très marqués, d’autant plus serrés qu’on approche de la surface. Il en résulte la formation d’une roche altérée et fissurée qui ne peut s’extraire qu’en plaques peu épaisses, désignées localement du terme de « platin ». L’extraction de ce matériau ne nécessite pas d’outil tranchant. Une pince de carrier suffit à l’opération (fig. 2). Après la découverte de l’espace à extraire, choisi pour sa fissuration multidirectionnelle et ses diaclases d’appui, il suffit de faire levier avec la pince pour dégager une zone centrale, œuvrer ensuite de façon centrifuge jusqu’à un diamètre de 3 ou 4 m, puis de reprendre au centre, jusqu’au bord, un peu en son retrait, pour la deuxième assise. Et ainsi de suite jusqu’à ce que le fond soit trop étroit pour la manœuvre ou que la pierre y soit plus massive. La proximité de ces fosses d’extraction avec les bâtiments fouillés donne à penser qu’elles furent largement exploitées pour la construction des murs, même si aucune élévation ne nous soit parvenue. La plupart des blocs de fondation analysés au MEB s’inscrivent dans le référentiel de Mouthiers établi à cette occasion et l’on ne s’étonnera pas de l’emploi généralisé de la pierre locale dans la construction pour des raisons évidentes d’économie. Le comblement visiblement brutal de ces fosses et l’absence de colluvions latérales donnent à penser qu’après en avoir récupéré les blocs propres à faire dalles ou moellons l’espace a été rendu immédiatement à la circulation ou à la mise en culture (fig. 2).
Fig. 2 : Extraction du « platin » à la pince de carrier à Mouthiers-sur-Boëme (cliché et DAO : J. Gaillard)
II – Le site de l’amphithéâtre des Grues à Saint-Georges-du-Bois en Charente-Maritime et l’utilisation de la pierre locale
Un édifice hors normes (BG)
Cet amphithéâtre très arasé, l’un des plus petits de l’Empire -en tout cas le plus petit de Gaule- a été bâti vers le milieu du Ier siècle, et a servi durant un siècle au maximum. Sa situation au sein de l’agglomération antique à laquelle il appartient reste à définir, faute pour l’instant d’éléments tangibles, toutefois il semble se situer dans les franges ouest de cette dernière. L’édifice de spectacle surprend par sa conception globale. L’ellipse extérieure, en fait un hexadécagone, atteint des dimensions de 62 m sur 53, sans compter les deux portes en saillie à l’est et à l’ouest. L’arène elle-même, ne couvre qu’une surface de 1110 m², avec une ellipse dont le périmètre atteint 120 m. Quatre petites pièces sont installées sous le podium, accessibles depuis l’arène, dont des carceres.
Quatre vomitoires permettaient l’accès aux gradins. La cavea, d’une largeur de 10 m, était bâtie sur remblais, et très probablement en bois dans les parties supérieures, tout comme les gradins eux-mêmes. Des aménagements périphériques sont interprétés comme un dispositif servant peut-être à renforcer les murs extérieurs face aux poussées des remblais, type contrefort, tout en servant à la fixation d’ un velum.
Le mur du podium, qui atteignait environ 2 m d’élévation, était bâti en petit appareil relativement régulier, bien que grossièrement taillé. Les moellons présentaient des dimensions de 15 x 10 cm (fig. 3). Le parement visible, côté arène, était recouvert d’un enduit présentant des motifs peints figurés et stylisés, avec une grande variété de couleurs (étude par Claudine Allag, CEPMR).
Fig. 3 : Parement du mur M 08, dans le sondage 02, mur périphérique de l’arène en petit appareil. L’enduit ne subsiste qu’en position secondaire, notamment dans l’euripe, caniveau périphérique de l’arène drainant les abords du mur et creusé dans le calcaire (Cliché B. Gissinger)
Les deux portes situées à l’est et à l’ouest sont caractérisées par une rampe régulière qui permet l’accès à l’arène aux artistes, gladiateurs et animaux. La largeur des portes est et ouest se monte à 5,5 m. Les parements apparaissent soignés, bien qu’eux aussi fussent recouverts d’un enduit.
Le contraste apparaît ainsi marqué avec la mise en œuvre du mur périphérique extérieur, induisant deux phases distinctes de construction. Il faut toutefois indiquer que les rares éléments subsistant de ce mur périphérique correspondent davantage à la fondation qu’à l’élévation. Les moellons, plats, y mesurent généralement autour de 10 x 4 cm
Dans l’arène, un vaste fossé traverse l’arène de part en part, correspondant au recreusement par l’homme d’une dépression naturelle, vallon très légèrement marqué dans l’Antiquité et aujourd’hui effacé (fig. 4). Cette hypothèse repose notamment sur le pendage naturel du substrat calcaire observé dans l’arène, qui forme une immense cuvette. Les eaux de pluie étaient conduites vers ce drain de 2 m de largeur et 1,20 m de profondeur, certainement couvert par un plancher pour ne pas entraver les spectacles qui se déroulaient dans l’arène. Elles s’infiltraient ensuite dans le substrat, très drainant (Gissinger, Raymond, 2025).
Ce fossé taillé dans le calcaire a servi de carrière pour l’extraction de la pierre nécessaire à la construction de l’édifice. On estime à environ 700 m3 le volume de calcaire extrait par le creusement de ce fossé en fond de « vallon » et le reste de l’arène, selon le schéma présenté ci-dessous.
Fig. 4 : Schéma à l’échelle représentant l’installation de l’amphithéâtre dans son petit axe médian et les travaux d’excavation nécessaires (B. Gissinger).
On peut évaluer le volume de roche nécessaire pour la construction du seul mur du podium à près de 100 m3, comprenant parement et blocage. Ce volume atteint 250 m3 pour le mur extérieur de l’amphithéâtre(9). La quantité de roche extraite par le creusement de l’arène et du fossé central semble ainsi avoir largement couvert les besoins en moellons de construction de cet édifice, toutes phases confondues.
L’emploi de la pierre locale attesté par l’archéométrie (JG)
Asseoir l’amphithéâtre dans un espace décaissé a certes l’avantage de réduire le volume des constructions périphériques mais cette pratique reconnue également à Saintes a l’inconvénient majeur de s’exposer au risque de submersion pluviale. Les architectes de l’Antiquité n’avaient alors d’autre solution que de faire creuser des fossés de drainage dans le sous-sol de l’arène. Reste à gérer les déblais produits par ces excavations.
L’amphithéâtre de Saint-Georges-du-Bois n’échappe pas à la règle avec son drain principal allant d’une porte à l’autre dans le sens du plus grand diamètre, un fossé qui s’élargit vers les extrémités et s’enfle en son centre en deux profondes cavités latérales (fig. 5). On imagine que le carrier se tient en surface, usant de sa pince comme à Mouthiers-sur-Boëme et qu’un compagnon, au fond de la tranchée, rejette sur le bord les blocs les plus propres à faire moellon. Il est alors vraisemblable que de tels binômes aient été multipliés tout au long du drain à creuser. À ce décaissement central s’ajoute l’euripe qui court au pied du podium et draine les eaux pluviales de la périphérie. Un volume important de pierre du sous-sol se trouve ainsi libéré. Le front de taille mis au jour au centre de l’arène (fig. 6) montre un calcaire très fracturé du Kimmeridgien, incapable de donner du grand appareil, mais qui, par sa texture relativement dure et cassante, peut produire du bon moellon. Au lieu d’un couvrement de bois sur les drains évidés, comme indiqué plus haut (BG), sans doute sonore et probablement fragile à la longue, il n’est pas impossible d’envisager l’option d’un remplissage immédiat et volontaire de pierres en vrac, les eaux pluviales circulant alors entre les blocs à la manière d’un puisard. Ce comblement rendait ainsi l’espace à l’activité ludique.
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9 Mur du podium : 120 m de périphérie, 55 cm de largeur, 2 m de hauteur, soit 130 m3 environ. Mur extérieur : 180 m de périphérie, 2,5 m de hauteur, 85 cm de largeur, soit 380 m3 environ. On considère qu’un tiers du volume de la maçonnerie est constitué de mortier.
Fig. 5 : Plan des fouilles avec fossé de drainage et localisation des échantillons de calcaire (DAO B. Gissinger)
Fig. 6 : Front de taille du centre de l’arène et remplissage périphérique (cliché B. Gissinger)
La pierre de ces drains a-t-elle vraiment servi à la construction des murs du pourtour ? Pour s’en assurer il faut en identifier le calcaire. La méthode élaborée à l’Université de La Rochelle avec le concours du géologue Jean-Claude Mercier (Gaillard et Mercier, 2011) a été peaufinée depuis près de quinze ans dans ses applications à la Saintonge antique (Gaillard et Conforto, 2022). Elle s’appuie sur la reconnaissance des éléments terrigènes transportés par les rivières et les courants, grains microscopiques flottant entre deux eaux qui se sont déposés ici ou là selon les conditions physiques des fonds marins où ils furent piégés par la sédimentation. Les grains d’un point A n’étant pas les mêmes que ceux d’un point B distant de quelques centaines de mètres, créent ainsi les conditions d’une géographie minérale sélective au service du protocole de caractérisation des calcaires.
L’analyse multi-élémentaire au microscope électronique à balayage de l’échantillon StG1 prélevé dans le front de taille du cœur de l’arène révèle la présence de grains de silice dont certains se sont combinés à d’autres minéraux comme l’Aluminium, le Potassium ou le Fer. La synthèse graphique qui en découle exprime ainsi le référentiel de la pierre du substrat de l’amphithéâtre (fig. 7)
Fig. 7 : Le référentiel du substrat de l’amphithéâtre (DAO J. Gaillard)
Les murs maçonnés de la périphérie proviennent-ils de la pierre du substrat ? L’analyse de trois moellons issus de ces élévations montre une proximité suffisante de leurs caractères pour en affirmer l’origine (fig. 8).
Fig. 8 : La concordance des moellons du podium avec le référentiel du substrat (DAO : J. Gaillard)
L’amphithéâtre ne semble pas avoir eu d’autres sources d’approvisionnement que la pierre locale, ce qui renforce le caractère de relative modestie que lui confère aussi sa petite taille.
III – Le théâtre de La Garde à Barzan en Charente-Maritime.
Un site judicieusement choisi (GT, JM, AN)
Le théâtre est implanté aux marges orientales de l’agglomération antique, dans un environnement topographique favorable puisqu’il occupe le flanc sud de la colline de la Garde (fig. 9). Outre les avantages évidents dont ont pu bénéficier les constructeurs, cette situation a profité à la structuration du paysage monumental de l’agglomération. Bien qu’occupant une situation périphérique, l’édifice de spectacle est ainsi à la fois tourné vers la ville et l’estuaire.
Fig. 9 : Vue du théâtre en 2006 (cliché ASSA Barzan)
Le monument prend place sur un terrain dont l’altitude est comprise entre 28 et 43 m NGF. Il repose sur un substrat marqué par l’alternance de calcaires argilo-crayeux tendres et blanchâtres, de marnes grises et de bancs calcaires durs à anomalies siliceuses, se développant dans l’étage du Campanien sur une puissance d’environ 20 m (Laforge, 2017, p. 12).
Une construction en deux temps (GT, JM, AN)
L’édifice, mesurant 81 m de diamètre, se situe dans la moyenne des théâtres du sud-ouest de la Gaule, comprise entre 80 et 90 m (Dumasy et Fincker, 1992, p. 501). Fondé durant la première moitié du Ier siècle p.C., il est profondément remanié à la fin du Ier ou au début du IIe (Tendron, Nadeau, Mousset et al., 2016)
Fig. 10 : Plan masse des deux états et prélèvements de moellons effectués (DAO C. Gay, G. Tendron)
Dans son premier état, il adopte les caractéristiques architecturales d’un théâtre de type « gallo-romain » à cavea semi-circulaire (fig. 10).
La cavea est divisée en deux demi-couronnes concentriques de largeur équivalente. Le maenianum supérieur est fondé sur un imposant dispositif de soutènement composé de cinq murs concentriques associés, dans la partie centrale de la cavea, à des murs rayonnants. Leur combinaison forme des caissons qui ont été remblayés parallèlement à la construction des maçonneries en petit appareil. Une galerie, restituée entre le mur de façade et le deuxième mur concentrique, permettait probablement d'atteindre le sommet des gradins. La partie médiane de la cavea était quant à elle accessible via des couloirs rayonnants d’environ 1,6 m de large, dont le nombre devait s’élever à cinq, suivant l’exemple du théâtre de Thénac, dont les dimensions sont similaires.
Le maenianum inférieur repose directement sur le substrat calcaire, aménagé en paliers sur lesquels étaient installés des gradins en grand appareil. Les traces de pic et de marteau taillant utilisés lors de ces travaux préparatoires étaient encore visibles sur les paliers inférieurs. Ce maenianum est divisé en quatre secteurs ou cunei par trois escaliers radiaux larges d’1 m. Le théâtre de Barzan offre cependant un trait particulier puisque l’escalier central s'interrompt devant une structure de plan supposé trapézoïdal interprétée comme une loge.
Dans son premier état, le diamètre de l'orchestra devait approcher 29 m. Toutefois, les remaniements opérés dans le second état ont occulté toute trace du bâtiment de scène.
L’édifice connaît en effet de profonds remaniements lors de cette phase de réaménagement, son plan admettant désormais la forme d’un demi-cercle prolongé, contribuant à la fois à une augmentation de sa capacité d’accueil et à une reconfiguration de l’orchestra et de l’espace scénique (fig. 10).
Le mur de façade du premier état est alors arasé et des entrées latérales – aditi maximi – sont aménagées sur le grand diamètre. Au-delà, les deux ailes de la cavea sont étendues sur 19 m en conservant la division en deux maeniana du premier état, ainsi que leurs modes de construction respectifs. Les maçonneries se distinguent cependant par leur largeur atteignant jusqu’à 2,4 m, probablement pour contenir les charges et poussées exercées par l’élévation plus importante de cet agrandissement. Dans le même temps, deux rangées supplémentaires de gradins en grand appareil sont installées à la base du maenianum inférieur. Suite à ces différentes transformations, la surface couverte par les gradins passe approximativement de 2200 à 3200 m2.
Les accès utilisés dans le premier état sont maintenus et complétés par les entrées latérales mentionnées précédemment, ainsi que par une allée concentrique ou précinction basse située au pied de la cavea.
L’orchestra, dont l’emprise est considérablement accrue, est partiellement recouverte d’un dallage en calcaire utilisant des blocs de grand appareil en réemploi. L’espace scénique adopte alors une configuration inédite mêlant la pierre et le bois, composée d’une estrade rectangulaire empiétant sur l’orchestra et couvrant une surface de près de 90 m², à l’arrière de laquelle prend place une abside d’environ 13 m de diamètre accueillant une partie de la scène ou plus probablement ses « coulisses » (postscaenium). Cette abside est elle-même intégrée à un espace rectangulaire d’au moins 28 m sur 17 délimité par une maçonnerie en petit appareil et identifié comme un porticus post scaenam.
Si, dans ce second état, l’édifice se distingue par son plan et en particulier par un dispositif scénique singulier, il se démarque également par une évolution des techniques de construction, notamment perceptible dans la mise en œuvre des maçonneries en petit appareil.
Pierre locale et moellons importés (JG)
La détermination de provenance d’échantillons de moellons issus des deux états d’un même édifice est l’occasion idéale pour saisir à plusieurs décennies d’intervalle l’évolution de cette production particulière, tant dans ses pratiques de fabrication que dans ses données économiques et commerciales. Trois moellons du théâtre de La Garde ont fait l’objet d’une analyse pétrographique multi-élémentaire en vue d’en discerner la provenance (fig. 10).
Le moellon du mur 51
Le mur 51 est une maçonnerie du premier état observée au sud du monument (fig. 11). Il délimite la cavea et sert d’appui aux murs concentriques. Ce mur est fait de moellons plutôt trapus et irréguliers, sans joints lissés, issus du Campanien local, une pierre tendre et homogène, facile à travailler au marteau têtu. Un travail hâtif, certes, mais qui n’avait nul besoin d’être soigné puisqu’invisible du public. L’ampleur des volumes de maçonnerie en moellons liés de cette manière, estimée à environ 1500 m3, mérite de tenter une évaluation de l’investissement humain avec l’aide des maçons traditionnels d’aujourd’hui :
Fig. 11 : Le mur 51 du premier état de construction du théâtre (cliché J. Gaillard)
Ainsi, l’ensemble de ces murs qui compose la cavea aurait pu être réalisé par 4 maçons aidés d’autant de manœuvres au bout d’environ une année d’effort. L’obtention de la chaux n’a pas été prise en compte, pas plus que le travail de décaissement, sans compter non plus les inévitables aléas liés aux vents d’ouest dominants pouvant aisément devenir tempêtes dans ce couloir d’estuaire.
La pierre du mur M17
Le mur M17 impressionne par sa taille avec près de 20 m de longueur et 1,70 m de largeur. Il apparaît, avec son homologue occidental, comme un élément majeur du nouvel espace scénique apparu lors du second état de construction (fig. 12). Il est aussi remarquable par la qualité de son exécution, avec ses assises régulières de moellons allongés d’environ 25 cm de longueur, 11 cm de largeur, et une queue de 20 cm en moyenne. Le parement soigné est d’une belle planéité obtenue par égrisage(10), et les rares joints qui demeurent encore sont affleurants, le tout rendant possible l’existence d’une peinture directe aujourd’hui disparue.
Fig. 12 : Le mur M17 du second état de construction (cliché J. Gaillard)
Remarquable aussi est sa composition en trois éléments (fig. 13) :
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(10) L’égrisage est une pratique courante qui consiste, selon J.-C. Bessac, à frotter une pierre dure et granuleuse sur la face à aplanir.
Fig. 13 : La composition du mur M17 (cliché J. Gaillard)
Dans ce mur, nulle trace de déchets de pierre de Marcamps. Il faut donc se rendre à l’évidence qu’aucun maçon n’a épannelé ses moellons à pied d’œuvre, sans quoi les déchets se seraient retrouvés dans le blocage. Les faiseurs de moellons ont donc agi hors du chantier, soit au port de Barzan où les blocs de grand appareil auraient été acheminés pour y être débités, soit au départ, dans la carrière elle-même. Cette seconde option devrait sans doute être privilégiée, pour une simple raison de bon sens économique.
La réfection du mur M102
Le mur M102 borde le couloir rayonnant aménagé au nord de l’édifice, dans la partie supérieure de la cavea, construit en pierre locale du Campanien lors de la première phase de construction. Une éventration s’étant produite, une réparation est entreprise plusieurs décennies plus tard. Et c’est avec des moellons de Marcamps à face égrisée que l’opération s’est faite (fig. 14). Leur relative irrégularité donne à penser qu’il s’agit probablement de moellons de seconde main, de reste du grand chantier de l’extension scénique du second état. Il n’y avait là nul besoin d’en égriser les faces de parement, ce qui permet d’affirmer que l’égrisage ne s’opère pas une fois le mur construit mais dans une phase antérieure, sans doute au moment de la façon des moellons.
Fig. 14 : La réfection du mur M102 avec des moellons de Marcamps (cliché J. Gaillard)
La chaîne opératoire de la fabrication des moellons de Marcamps
La spécificité des moellons de Marcamps invite à envisager la chaîne opératoire qui a pu présider à leur élaboration (fig. 15). Le bloc de base est extrait de la carrière selon des dimensions assez modestes pour être facilement manipulable (40 x 50 cm de section) permettant au final l’obtention de moellons de la taille souhaitée. Les différentes étapes s’enchaînent à partir d’une tranche de 25 cm d’épaisseur dont l’éclatement est guidé par un rondin de bois faisant pression : égrisage d’une face, débitage en deux puis en quatre pour obtenir ainsi huit moellons égrisés, dimensionnés à 25x11x20 cm qu’il suffit alors de « briquer ».
Fig. 15 : Chaîne opératoire raisonnée des moellons de Marcamps (DAO J. Gaillard)
Conclusion :
Les sites évoqués ci-dessus font état de deux situations, celle de l’utilisation de la pierre locale et celle de la pierre importée.
Dans le premier cas, les architectes ont dû faire face à une triple exigence. Logistique tout d’abord, consistant à évacuer des centaines, voire des milliers de m3 de déblais provenant des décaissements, soit en les réinjectant pour rendre à nouveau utile l’espace défoncé, soit en rechaussant les voies routières de la proximité. Économique également, en réutilisant au mieux la pierre libérée la plus appropriée pour en faire moellon, réduisant à rien le coût toujours élevé d’un matériau aussi pondéreux. Esthétique enfin, en éliminant des monceaux de gravats à proximité de monuments de prestige chèrement financés par les édiles.
Dans le cas de la pierre importée de Marcamps, les défis sont aussi importants : la faible valeur marchande de cette « pierre qui se taille facilement […] de belle couleur dorée lorsqu’on la pose […] mais qui se délite irrégulièrement donnant, à certaines parties des constructions, un aspect lépreux » (Mouline, 1997). Même si le moellon employé à Barzan présente un aspect plus agréable, ce n’en est pas moins un matériau banal. S’y ajoutent les coûts élevés du transport dans ce milieu fluvial difficile avec ses bancs de sable, le flux et le reflux de l’onde-marée et la longue distance (70 km) qui nécessite des structures de rives pour le repos des mariniers voyageant pour plusieurs jours.
Ces défis ont été relevés par la conjugaison de plusieurs données de la production :
Les hommes de la pierre de Marcamps, attirés par l’opulence édilitaire du chantier du théâtre de La Garde ont dû appliquer de façon empirique et embryonnaire les principes de bases (plus-value, standardisation, productivité) de ce que les économistes d’aujourd’hui pourraient nommer « la chaîne des valeurs ».
Bibliographie :
ADAM J.-P. (1995, 3ème édition) – La construction romaine, matériaux et techniques, Paris, Éditions Picard
BESSAC J.-C. (1993) – L’outillage traditionnel du tailleur de pierre de l’Antiquité à nos jours, Paris, CNRS éditions, Revue archéologique de Narbonnaise, Supplément 14.
DUMASY F., FINCKER M. (1992) – « Les édifices de spectacles », in Villes et agglomérations urbaines antiques du Sud-Ouest de la Gaule. Histoire et archéologie, IIe colloque Aquitania, Bordeaux, 13-15 septembre 1990, Aquitania Suppl. 6, Bordeaux, p. 293-321.
GAILLARD J., MERCIER J.-C. (2008) : « La caractérisation des calcaires de Saintonge et son application au bâti antique régional », Bulletin de l’AAPC n° 37, p. 47-54.
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Il faut faire à la fabrication des sarcophages une place à part, et les recherches y sont depuis peu engagées d'un point de vue global, faisant converger les approches pétrographiques, techniques et stylistiques. Des synthèses régionales commencent à apparaître qui donnent à voir des aires normées de production. La Haute-Saintonge est riche de plusieurs nécropoles datant de l'Antiquité tardive et trois d'entre elles ont fait l'objet de fouilles en Haute-Saintonge : Neuvicq-Montguyon, Chadenac et Jonzac.
Commencée en 1860, la fouille du cimetière mérovingien de Neuvicq-Montguyon a été reprise par Louis Maurin en 1964. Rien de plus classique que ce champ des morts datant des VIe siècle, fait de tombes trapézoïdales juxtaposées et plus ou moins alignées, munies pour la plupart d'un couvercle en bâtière à quatre pans, et probablement regroupées par familles. Mais l'originalité du cimetière de Neuvicq tient dans les inscriptions des noms des défunts qui étaient gravées sur les couvercles, avec parfois une croix signifiant leur foi chrétienne. On y trouve des origine variées : gauloise, latine et germanique.
La pierre que l'on dit provenir de Jonzac mériterait sans doute une confirmation d'analyse archéométrique.
Neuvicq : sarcophages d'Emeterius et de Flore(n)tinus (cl. L. Maurin)
Une quarantaine de noms ont ainsi été répertoriés, inscrits à la vue des passants. Les cuves seules devaient être enterrées tandis que les couvercles émergeaient.
Le cimetière du Terrier de la Chapelle à Chadenac a fait l'objet de deux années de fouilles menées par B. Farago-Skekeres (1993-1994) au cours desquelles la typologie des fosses a été précisée dans ses évolutions. D'abord les rangées de fosses du Ve siècle et première moitié du VIe siècle ont été relayées par des sarcophages à cuve trapézoïdale aux VI-VIIe siècles. En tout ont été recensés 471 tombes, 300 sarcophages et 166 coffres de bois.
Plan d'ensemble de la nécropole mérovingienne de Chadenac (relevé collectif et mise au net Farago)
La pierre gélive utilisée, issue vraisemblablement du Campanien local, a peu résisté aux vicissitudes d'une occupation millénaire : deux tiers des cuves arrachées, détruites tant par l'installation d'un prieuré médiéval que par les fouilles anciennes.
Néanmoins, le bel ordonnancement général des tombes délivre le message d'une société apaisée après les invasions germaniques grâce à la prise en main par l'église d'une forte population rurale composant les paroisses naissantes. C'en est fini des vieux mythes païens. Le petit prieuré qui s'installe sur la nécropole utilise en remploi comme un vulgaire bloc de construction le buste d'un dieu antique autrefois révéré.
Sculpture gallo-romaine représentant le torse de Mercure, découverte en remploi dans une chapelle funéraire (cl. A. Gendre)
La nécropole du parvis de l'église de Jonzac a fait l'objet d'une fouille approfondie menée par Léopold Maurel du Service départemental d'archéologie. Le site a livré un ensemble de sépultures allant du Ve siècle au VIIIe siècle, puis, après une période d'abandon, le site est à nouveau occupé à partir des XI-XIIe siècles.
Selon les sources manuscrites, la formation du bourg de Jonzac débute dès l'époque carolingienne durant laquelle la ville s'articule autour des deux collines de l'église et du château. Le bourg qui naît est encore suffisamment lâche pour permettre l'ouverture au cœur de la ville d'espaces de carrières.
L'aménagement du parvis après la fouille met en évidence les sarcophages couverts et ceux qui ne l'étaient pas (cl. J.-C. Riché)
La question d'une origine locale de la pierre des sarcophages se pose d'emblée du fait de la présence dans l'environnement immédiat, d'affleurements coquilliers présentant un aspect semblable (couleur beige foncé, granulométrie grossière donnant l'aspect de falun, etc.), un matériau utilisé aussi dans les constructions voisines.
Paroi interne d'un sarcophage faite d'un calcaire granuleux et poreux
La présence d'une ancienne carrière à ciel ouvert, à quelques dizaines de mètres du site, a été à l'origine de la pierre des sarcophages. Située entre la rue d'Alvy et la rue de l'Église, elle a été exploitée à ciel ouvert et les maisons, par la suite, se sont construites à son pourtour comme on le voit sur le plan napoléonien. Elle présente un puissant front de taille marqué par deux bancs successifs :
La carrière proche de l'église ayant approvisionné le chantier du cimetière
La nécropole de la Fée aux Roses, à la périphérie sud-ouest de Jonzac date aussi des V-VIIe siècles ap. J.-C. ; elle est donc contemporaine à celle du parvis de l'église. Elle s'inscrit dans un contexte exclusivement rural sans association visible avec un établissement religieux et la fouille n'a pas apporté d'explication à cette situation géographique de périphérie.
Nécropole mérovingienne de la Fée aux Roses (fouilles B. Gissenger, Dép. 17)
Le cimetière a été quelque peu rogné par l'extraction de blocs superficiels mais les sarcophages ne proviennent pas du substrat. La pierre a toute l'apparence de celle des sarcophages du parvis de l'église.
Lame mince en LPNA d'un sarcophage de la nécropole de la Fée aux Roses.
La structure interne du calcaire montre la porosité d'un calcaire fortement bioclastique.
FARAGO-SKEKERES B., « Autour de la réutilisation d'une tombe : la nécropole mérovingienne de Chadenac » dans TREFFORT : Mémoires d'hommes – Traditions funéraires et monuments commémoratifs en Poitou-Charentes, La Rochelle, 1997.
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Les historiens ont unanimement montré la situation catastrophique des archives médiévales en Saintonge. Gages de pouvoir, les actes rédigés par les hommes de lois furent la cible de tous les autodafés quand il ne s'agissait pas tout simplement de pure négligence de la part de ceux qui en avaient la charge. L'interminable guerre de Cent Ans et ses chevauchées incendiaires en furent la première cause, accentuée chez nous par la situation de frontière. Vinrent ensuite les guerres de religion qui, de 1562 à 1619, détruisirent en partie ce que l'Église avait réussi à conserver ou à réécrire. La Révolution enfin érigea en acte politique la destruction systématique des symboles d'Ancien Régime. On comprend alors que la place de la pierre et des carrières se trouve réduite à la portion congrue. Reste alors à l'archéologie de faire de son mieux pour scruter le bâti encore en place (châteaux et églises, etc.), et tenter de le corréler avec la pierre et les carrières.
L'extension de la Maison de retraite à Pons, rue du Président Roosevelt à Pons, fut à l'origine d'une prescription archéologique qui mit au jour une carrière au pied du donjon. Les remblais truffés de tessons du Moyen Âge qui ont fossilisé les fronts de taille ont confirmé l'ancienneté de cette extraction qui a probablement servi de matériau de construction de l'édifice tout en renforçant l'abrupt de la falaise et donc la défense du château.
Le donjon de Pons défendu par un puissant abrupt
Axonométrie de la carrière du pied du donjon – Fouilles S. Redais (INRAP)
Les fouilles de carrières sont des opérations spécifiques qui ont pour but de mettre en évidence la stratégie du chantier d'extraction, d'étudier l'évolution dans le temps de la structure et de la dater à partir des traces d'outils observées et des artefacts contenus dans les déblais. En l'occurrence à Pons, un dépotoir du XIIIe siècle avait fossilisé une partie du sol de la carrière au pied du front de taille.
REDAIS S., L'extension de la Maison de retraite rue du Président Roosevelt à Pons (17), Rapport de fouille d'archéologie préventive, INRAP, Poitiers, 1988.
SEGUIN M., « La pierre au Moyen Âge-Les archives et la pierre » dans : J. Gaillard (dir.), L'exploitation traditionnelle de la pierre des Charentes..., 2017, p. 127-129.
L'église de Marignac est l'un des joyaux de la Haute-Saintonge romane.
Église romane de Marignac à plan trilobé du XIIe siècle
Il faut venir en admirer la somptueuse ornementation sculptée du chœur et des chapiteaux où s'affrontent les chasseurs et les cerfs dans l'entrelacs des rinceaux de feuillages, où se rapprochent et s'éloignent les amoureux, où se développent en arcades des décors originaux.
Modillons et chapiteau sculptés
Pas besoin d'en aller chercher loin la pierre qui gît là dans le sous-sol aflleurant au contact du Coniacien et du Santonien. C'est un calcaire graveleux qui, selon les artisans-maçons locaux, durcit tant au séchage qu'ils répugnent à le réutiliser dans les travaux de rénovation. C'est cette pierre dure et imperméable que les habitants de Marignac utilisent pour les premières assises de leurs maisons et pour la construction de leurs réservoirs d'eau pluviale. La carrière de La Pierrière, à la sortie sud du bourg, et peut-être l'affleurement immédiat de l'église où les cours des maisons recèlent des blocs de grand appareil, ont été exploités.
Fronts de taille de la carrière de La Pierrière au sud du bourg de Marignac
L'observateur attentif du travail de la pierre ne manquera pas d'observer les blocs de moyen appareil de l'abside qui, à hauteur d'homme, se trouvent truffés de gros rognons de silex gris-noir que les artisans maçons ont écrasé de leur marteau, à moins que ce soient les carriers de La Pierrière eux-mêmes, avant de les avoir tirés. C'est un phénomène courant dans nos calcaires du Crétacé de voir ces formations siliceuses en des bancs que les carriers redoutent et qu'ils exploitent à part pour fabriquer des clôtures. A Marignac, ils s'en sont accommodés, la pierre étant trop pénible à extraire pour ne pas l'utiliser quand même. On voit ainsi que la pierre ici n'est pas stockée et triée mais utilisée telle quelle au fur et à mesure de son extraction.
Le silex au cœur des blocs à l'abside de Marignac
Au cours des Temps modernes les documents relatifs à la construction deviennent abondants, conservés aux Archives départementales (archives notariales, administratives, judiciaires, etc.) et des chercheurs réunis au sein de la Société des Archives Historiques de la Saintonge et de l'Aunis ne cessent de mettre au jour, transcrire et porter à la disposition du public des documents inédits. Si la pierre n'est pas un sujet dominant, il n'en reste pas moins qu'au sortir de la guerre de Cent Ans, la reconstruction des logis et des châteaux bat son plein, et qu'après la funeste période de destruction des églises lors des guerres de religion les contrats devant notaires se multiplient. L'archive alors fait le lien entre la carrière et le bâti par le biais des contrats passés par les maçons.
En voici quelques exemples :
La pierre a été prise dans une carrière ouverte au lieu-dit Le Fourneau (commune de St-Sigismond de Clermont) où le sol garde encore la trace des excavations pratiquées.
La carrière à ciel ouvert du Fourneau (cl. B. Sébilleau)
Ancien four à chaux sur le site de la carrière, non loin de l'abbaye de La Tenaille
L'église de Lonzac fait figure d'exception dans le paysage religieux de la Saintonge principalement roman. Elle présente des caractères qui lui confèrent une grande originalité.
Personnage qui, du haut d'un contrefort de l'ancienne église des Carmes, à Jonzac, regarde avec curiosité le monde d'en bas...
GAILLARD J.-P., « Les carrières de la Charente aux XVII-XVIIIe siècles - L'apport des minutes notariales - L'exemple du fonds des Archives de Charente », dans J. Gaillard (dir.) : L'exploitation traditionnelle de la pierre des Charentes..., p. 195-264.
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La pierre accompagne l'évolution économique du XIXe siècle. Les villes voient leur population augmenter offrant un nouveau visage avec cours et boulevards ; les avenues et les places se parent de beaux immeubles aux façades en pierre de taille. La campagne n'est pas en reste avec pour chaque commune une école de filles et de garçons, voire une mairie. La maison d'habitation se sépare des bâtiments d'exploitation et la ferme viticole s'ouvre par un portail majestueux. La pierre de taille devient l'instrument d'un faire-valoir social qui gagne aussi les cimetières et trouve ainsi une nouvelle vigueur.
Certes il n'y a pas encore d'école technique de taille de la pierre et l'on apprend sur le tas, le plus souvent dans le cadre familial. Les contrats d'apprentissage sont rares et il faut attendre la loi du 22 février 1851 pour qu'apparaissent des obligations engageant les patrons ainsi qu'une limitation du travail des enfants et de la durée de la journée de travail. Mais les pénalités sont dérisoires... Quoiqu'il en soit, le jeune est fier de devenir responsable de ses propres outils, d'en dessiner le contour au crayon sur les fronts de taille. Le témoignage des anciens carriers (en écouter les interviews au chapitre de la pierre et ses carriers) a été d'autant plus sensible qu'ils voyaient disparaître peu à peu les lieux de leur travail (carrières encombrées de déchets ou obstruées pour des raisons de sécurité).
Le vent d'intensivité de la production qui souffle à partir du milieu du siècle gagne aussi l'extraction de la pierre en une sorte de frénésie qui entraîne la multiplication des effondrements. L'administration préfectorale exige alors des règles strictes concernant la taille et l'espacement des piliers, la distance à respecter par rapport au domaine public, et impose des plans pour toute nouvelle exploitation. L'architecture de la carrière s'en trouve profondément modifiée avec des galeries rectilignes et des piliers alignés.
Les carriers affrontent alors les profondeurs avec parfois, comme à Saint-Même ou Thénac, des niveaux d'extraction superposés. Cela a pour conséquences de nouveaux équipements plus efficaces.
Au Moyen Âge et même aux Temps modernes, les carriers ne s'aventuraient en galerie que dans la mesure où l'entrée apportait une lumière du jour suffisante, complétée sans doute par des torches vite consumées. Au XIXe siècle, on invente alors la lampe à pétrole, version moderne de la lampe à huile antique, une lampe aplatie que l'on peut insérer dans la fente de l'enfiche mais qui produit beaucoup de fumée. C'est dans les années 1890 que, merveille des merveilles, apparaît la lampe à acétylène dite encore « lampe à carbure », une lampe capable de fournir une belle lumière blanche, stable et durable.
Le carbure de calcium mélangé à l'eau produit un gaz inflammable : l'acétylène
Depuis l'Antiquité, l'outil-roi de l'extraction est le pic, pointu, à double pointe ou à tranchant plat. Au XIXe siècle il est désormais détrôné par le scion avec lequel les carriers réalisent les chambrures, et le sciage sur toutes les faces du bloc, y compris à l'arrière, une fois la clé réalisée. Pour l'utiliser au plus haut des chambrures, en ciel de carrière, le front des scions est abattu. La productivité s'en trouve considérablement améliorée : on produit ainsi davantage, plus vite et moins cher. Les blocs extraits peuvent alors atteindre plusieurs tonnes (les « bahuts ») que l'on débite ensuite au passe-partout selon les besoins de la commande.
Blocs-bahuts de l'exploitation Gourry à St-Même (collection privée)
Déplacer les blocs et les sortir de la carrière est une opération d'autant plus compliquée qu'on s'enfonce profondément dans le sous-sol et que les sorties de chantier sont devenues de plus en plus éloignées et pentues. Les carriers utilisent des outils que l'industrie sidérurgique leur fournit : crics, treuils, grues pivotantes, palans, rails et wagonnets dans certaines carrières.
Grue installée dans une carrière de St-Même et, comme en écho, croquis d'une grue à la carrière de La Maladreie à Jonzac
Croquis d'un treuil mécanique
L'industrie mécanique invente pour le monde agricole et celui des artisans nombre d'outils capables d'améliorer la puissance motrice. Il en est ainsi de ces treuils à roues dentées à plusieurs degrés de démultiplication pour sortir les blocs des trous de pierre bleue, la plus belle mais la plus profonde. Cette mécanisation est encore loin de mettre fin au travail manuel, et l'usage de la force musculaire est toujours de mise. Il n'était pas rare de voir un carrier faire appel à toute la famille, femme et enfants, pour tourner le treuil installé au-dessus des puits.
Treuil de l'entreprise Loubat à Thénac en 1930
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Ce parcours chronologique montre que le carrier a gardé au cours des siècles son statut d'artisan traditionnel, c'est-à-dire qu'il a entretenu avec la pierre un rapport physique par l'emploi d'outils qui sont en quelque sorte le prolongement de son bras.
Pour autant l'outillage n'est pas resté immuable et a évolué en s'adaptant à l'économie du moment. Ces pratiques évolutives ont laissé des traces qui donnent à l'archéologue des arguments pour se repérer dans le temps et situer la période d'exploitation d'une carrière abandonnée.
Ce tableau typo-chronologique en offre la synthèse :
Diagnostic d’archéologie préventive réalisé par Karine ROBIN, Chef de Service, archéologie départementale
Depuis l’Antiquité, la pierre de Jonzac a fait l’objet d’une continuelle exploitation. Identifiée à la villa gallo-romaine, on la trouve aussi au Haut- Moyen Âge pour la fabrication des sarcophages des anciens cimetières, notamment ceux du parvis de l’église dont la pierre a été tirée des carrières toutes proches de la rue d’Alvy. Mais c’est surtout aux époques moderne et contemporaine que la pierre du Turonien a été exploitée en vastes carrières souterraines. Deux nouvelles carrières (St 2 et St 24) découvertes lors d’un diagnostic archéologique préventif à La Mouillère s’inscrivent dans cette dernière phase d’extraction, soit au début du XXème siècle.
Fig. 1 : Les carrières de pierre de taille de Jonzac
La descenderie (accès extérieur de la carrière) est creusée dans un axe perpendiculaire à la pente du terrain et les traces d’outils sont nombreuses sur ses flancs. Il s’agit ici de pics de carriers girondins venus travailler en Saintonge à la fin du XIXème siècle et porteurs de pics particuliers, reconnaissables à leur tranchant bifide de 25 à 30 mm de large, et laissant sur les parois rocheuses des traces concaves. L’usage du scion, cette scie à front large et manche proximal tenu par un seul ouvrier y est constant.
Fig. 2 : Front de taille de la carrière St 2 (cl. K. Robin)
La technique mixte employée sur cette paroi est patente avec les larges aplats de la scie et les stries d’abattage du pic. Cette procédure a commencé dans les années 1860 et s’est poursuivie jusqu’à la guerre de 1914-18
L’exploitation du calcaire se développe dans un espace plus ou moins quadrangulaire de 5,76 m sur 5 m de profondeur pour une hauteur de 3 m. Il s’agit d’une chambre sans pilier qui s’étend sur un unique niveau.
Un espace maçonné pour l’usage des carriers a été aménagé immédiatement à droite de l’entrée avec un soin particulier assez rare pour être souligné, supposant la perspective d’une exploitation durable. Un mur maçonné permet de le fermer, l’accès se faisant par une porte dont les ferrures et les gonds sont encore conservés. Un linteau et des pierres de taille forment l’encadrement de la porte. Sur le parement interne trois petites niches ont été aménagées, donnant au local l’allure d’une pièce à vivre.
Fig. 3 : Plan et coupe de la carrière St 2 (DAO Clément GAY)
Le plan montre la descendrie, le local à vivre (en haut) et la surface exploitée aux contours irréguliers à la recherche d’une bonne pierre. L’exiguïté du chantier montre avec évidence un abandon prématuré.
Fig. 4 : Local du carrier fermé par un mur maçonné et disposant d'une porte (K. Robin)
Fig. 5 : Intérieur du local avec aménagement de trois niches dans le mur et d'une aération (?)
à la base de la paroi
La carrière n’a pas fait l’objet d’une étude archéologique semblable à celle menée pour la carrière St 2 précédente. L’ouverture de la carrière a été confiée à Antea Group en vue d’y mener un diagnostic géotechnique définissant les investigations complémentaires à réaliser sur la carrière. Les observations archéologiques demeurent donc plus succintes.
La descenderie perpendiculaire au pendage et conduisant au chemin « des Crevetteries », visible sur les clichés IGN y a été repérée en divers endroits.
L’exploitation du calcaire se développe dans deux chambres d’une surface de 237,71 m². La première chambre avec pilier est trapézoïdale, de 24,11 m sur 7,54 m. La seconde chambre, à droite de l’entrée est de forme quadrangulaire (9,05 x 6,87 m). Les traces d’outils sont semblables à celles de la carrière St 2 (pic girondin, barre d’enfiche et scion). Les parois Le ciel de carrière garde la trace de la combustion des lampes à pétrole qui, régulièrement espacées, sont un indicateur des modules extraits.
Fig. 6 : Façades exploitées à la scie et bloc résiduel sur cales (cl. Clément Gay)
Fig. 7 : Ciel de carrière avec traces de lampe à pétrole (Cl. Clément Gay)
Le ciel de carrière garde la trace de la combustion des lampes à pétrole qui, régulièrement espacées, sont un indicateur des modules extraits.
Fig. 8 : Cécollement du ciel de carrière lié à la nature argileuse de la pierre (cliché Cl. Gay)
Le plafond de la carrière s’est effondré à plusieurs endroits et des traces très hautes d’inondation ont probablement contribué à l’abandon de cette carrière et à l’occlusion de son entrée.
GAILLARD Jacques : Les derniers carriers traditionnels du Val de Charente, Association des Publications Chauvinoises, 2004, 102 p.
GAILLARD Jacques et MARCHAT Claude : « Sondage à la carrière de Chez Phelippeau à Ozillac (Chte-Mme) », Bulletin n° 51 de l’Association Archéologique et Historique Jonzacaise, 2008, p. 5 à 41.
ROBIN Karine, 2020 : ROBIN K., BOMBLED P., MORTREUIL V., Jonzac Zac de la Mouillère, Rapport de diagnostic d’archéologie préventive, Département de la Charente-Maritime, La Rochelle, avril 2021, Volume 1, 221 p., volume 2, 38 p.grb
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